2025 - Amérique du Sud - Deuxième partie : Pérou, Bolivie


Sur la carte, on peut cliquer sur la route ou les étapes pour aller directement au jour voulu. Le dernier jour, c'est ici. Cliquez sur Fullscreen icon pour passer la carte en plein écran (Esc pour sortir du plein écran). Cliquez sur les images pour agrandir.



J93 - 29 septembre - Caleta Grau, Pérou - 60 km (2808 km)

Passage de la frontière sans problème (à part le chien qui m'a mordu sans me blesser). Arrêt a Tumbes, la première ville, pour retirer des sous péruviens (les Soles) et trouver une carte SIM. Retrouvaille avec le Pacifique et hébergement sur la plage. Je vais dormir avec les vagues.


J94 - 30 septembre - Máncora - 80 km (2888 km)

La route suit la mer pendant un bon moment et finit par couper par l'intérieur. Le paysage a bien changé et est devenu presque aride. Coursé plusieurs fois par des chiens. Ça va sûrement être un des problèmes. Je pensais que Máncora était une petite ville de passage, mais ça a l'air d'être une destination. Il y a un plein d'hostals et j'ai croisé plusieurs fois des Français.


J95 - 1er octobre - Talara - 76 km (2964 km)

La route suit de loin la mer, puis 250 mètres de montée pour arriver sur un plateau quasi désertique. Encore trente kilomètres et descente dans un paysage de ravins. Pas mal de vent sud-ouest et vitesse de croisière un peu déprimante. Avant la grande montée, j'ai passé plusieurs groupes de gens à pied. Ils font un pèlerinage et vont à Ayabaca à environ 180 kilomètres. Le groupe de la deuxième photo est parti d'Équateur. Arrivée prévue le 11 octobre.


J96 - 2 octobre – Piura, Pérou - 107 km (3071 km)

Début toujours aussi désertique mais plus vers l'est et donc moins de vent. Encore des petits groupes de pèlerins jusqu'à Sullana. Après Sullana, la route passe à quatre voies, plus d'habitations et paysage plus vert avec de la canne à sucre et des rizières.


J97 - 3 octobre - Piura

Jour off. Ville importante mais pas grand-chose à visiter. Visite quand même du musée municipal Vicús avec quelques salles d'objets préhispaniques dont une très belle statuette en or, la Vénus de Frias.


J98 - 4 octobre - Entre Piura et Chiclayo - 100 km (3171 km)

Pendant quarante kilomètres, la végétation devient de plus en plus clairsemée et il y a des habitations presque tout du long. Après ça, il n'y a plus rien, du désert de chaque côté et pas grand-chose pour freiner le vent (du sud). Arrivé au restaurant où j'avais vu (sur iOverlander) qu'on pouvait demander à camper, pas de chance c'est fermé. Après un peu de flottement (dont une discussion avec un policier qui propose de m'emmener à 80 kilomètres pour trouver un hostal mais je n'ai pas dû proposer assez), je fais quelques kilomètres et je trouve un endroit bien planqué dans les dunes. Installation de la tente de nuit, dans le sable et avec du vent. Heureusement, j'avais prévu de quoi boire et manger. Et il y a du réseau.


J99 - 5 octobre - Mórrope - 81 km (3252 km)

De moins en moins de végétation, finalement seulement du sable, et de plus en plus de vent. En fait, la mer n'est pas très loin et c'est une région de lagunes. À part quelques maisons, il n'y a rien sur cette portion de route.


J100 - 6 octobre - Mocupe - 72 km (3324 km)

Début de la journée avec un peu de végétation, un peu moins de vent et de la zone industrielle en approchant de Chiclayo, une ville importante. Traversée de Chiclayo dans les embouteillages et la circulation acrobatique. Après Chiclayo, c'est reparti pour trente kilomètres de désert. A gauche de la route, des collines escarpées, et à droite, du rien et quelques petites dunes. Retour de la végétation en arrivant à Mocope, une toute petite ville.


J101 - 7 octobre - Pacasmayo - 65 km (3389 km)

Beaucoup plus vert et cultivé. Il y a même des rizières et beaucoup de moulins industriels. Ça finit quand même par devenir plus aride en retournant vers la côte.


J102 - 8 octobre - Paiján - 56 km (3445 km)

Retour dans le désert dès la sortie de Pacasmayo. Pas de dunes mais des petites montagnes déshydratées. Toujours du vent et des longues lignes droites. Hôtel à l'heure ou à la journée.


J103 - 9 octobre - Trujillo - 53 km (3498 km)

Région cultivée (beaucoup de canne à sucre), puis vous reprendrez bien encore un peu de désert. Désert de plus en plus habité en approchant de Trujillo. Traversée d'une banlieue par une deux-voies bondée avec un accotement impraticable, mais ça s'arrange en arrivant dans la ville elle-même. Hôtel à un bloc de la Plaza de Armas.


J104 - 10 octobre - Trujillo

Journée touristique avec une visite guidée des sites touristiques autour de Trujillo. D’abord, les pyramides en adobe de la civilisation Moche (motché). La pyramide du soleil est énorme mais ne se visite pas. La pyramide de la lune est partiellement restaurée et est connue pour ses bas-reliefs. Après ça, visite de Chan-Chan avec les ruines des palais des Chimu, les successeurs des Moche. Aussi en adobe, avec un dédale d'enceintes et de palais qui s'étend sur des kilomètres carrés. Le reste de la journée est moins intéressant avec des arrêts faits surtout pour faire plaisir aux vendeurs de souvenirs.


J105 - 11 octobre

Musée d'archéologie pour voir les objets associés aux cultures Moche et Chimu dont j'ai visité les sites hier. Pas mal, assez grand, des traductions en anglais, mais très peu d'indications de date ou de provenance.


J106 - 12 octobre - Chao - 65 km (3563 km)

Des cultures tout du long, paysage moins austère, et moins de vent. Rencontré Peter, un cycliste irlandais, parti de Mexico et qui va aussi vers le sud.


J107 - 13 octobre - Nuevo Chimbote - 77 km (3640 km)

Retour du désert, du vent, du sable et finalement des rizières. Des beaux paysages même si la panaméricaine prend un peu de place dans le décor. Mais c'est confortable et la circulation n'est pas très dense. Seul problème, un gros rhube. La dame de l'hébergement s'en aperçoit, me dit que je dois boire quelque chose de chaud et m'apporte gentiment un mug d'eau bien chaude.


J108 - 14 octobre - Casma - 61 km (3701 km)

À peu près comme hier. Pas de rizières mais un aperçu sur la mer. Arrivé tôt, j'en profite pour aller faire un tour à Sechín, un site archéologique à cinq kilomètres de la ville. Site très ancien dont les premiers vestiges sont datés de 3800 ans. L'intérêt principal est un bâtiment dont le mur d'enceinte est recouvert de gravures. Assez étonnant étant donné l'âge et les représentations, principalement des têtes coupées.


J109 - 15 octobre - Huarmey - 83 km (3784 km)

Paysage magnifique tout du long. À mi-chemin, il y a un restaurant au milieu de nulle part où je m'arrête prendre un café et des œufs revueltos (petit-dej de base ici). Le restaurant, et la dame qui vient discuter, ont vu passer des centaines de cyclos et de motards qui font la route dans un sens ou dans l'autre. Elle connaît bien les itinéraires et les conditions, et m'explique qu'en juin-juillet il n'y a pas de vent et que le vent commence vraiment en octobre. Dont acte. Finalement, au moment où je demande pour payer, elle me dit : c'est gratuit pour nos amis les cyclistes !


J110 - 16 octobre - Pativilca - 91 km (3875 km)

Paysages un peu différents aujourd'hui. Moins de sable mais plus de roche un peu rouge. Un peu moins de vent mais temps grisâtre avec le soleil qui finit par sortir seulement en fin de journée. La route passe devant la forteresse de Paramonga, un site qui date de 1200 à 1400. Pas pris le temps de visiter, plus préoccupé de me poser après sept heures de vélo.


J111 - 17 octobre - Huacho - 74 km (3949 km)

Détour à une vingtaine de kilomètres de la Panaméricaine pour aller voir le site de Caral. Le site est daté de 5000 ans et donne les plus anciens vestiges d'Amérique. Plusieurs pyramides, plus ou moins restaurées, rien de spectaculaire mais l'endroit est magnifique. Pour repartir, deux solutions. Refaire en arrière la même route sur 25 kilomètres ou suivre une piste qui traverse les collines et rejoint la Panaméricaine. Un peu joueur, je repars par la piste. Vingt kilomètres de désert, paysage magnifique, mais tôle ondulée un peu limite avec ce vélo.


J112 - 18 octobre - Chancay - 67 km (4016 km)

En première partie, du désert moins photogénique que les jours précédents. Juste des grandes étendues sans rien, des montées pas très fortes mais très longues et rien pour freiner le vent. Ensuite, un peu plus urbanisé et protégé. On commence à voir du vert là où il n'y en avait pas.


J113 - 19 octobre - Lima - 85 km (4101 km)

La journée commence par deux longues montées qui se passent tranquillement. Revenu au niveau de la mer, de plus en plus de monde sur la route. En approchant de Lima, ça devient un peu pénible (transports en commun qui s'arrêtent tous les trente mètres, concerts de klaxon, queues de poisson, j'en passe). Je finis par chercher un itinéraire sur l'appli Komoot qui me fait arriver par un réseau de pistes cyclables assez fréquentées. Hébergement à Miraflores, un quartier moderne et animé de Lima.


J115 - 21 octobre - Lima

Miraflores est bien un quartier moderne et tranquille, mais sans trop de personnalité. Son intérêt touristique réside dans son Malecon (la promenade en bord de mer), mais la promenade est quarante mètres au-dessus de la mer (il y a une falaise tout le long) et en plus, il y a une voie rapide entre la mer et la falaise. Joli quand même. Aujourd'hui, visite du musée pré-hispanique Larco. De loin, le plus beau que j'ai vu jusqu'à maintenant. Riche, bien présenté, traduit. Sans oublier la réserve du musée qui est publique, avec des centaines d'objets presque en vrac, et la galerie érotique.


J116 - 22 octobre - Lima

Balade dans le centre historique, à dix kilomètres de Miraflores, presque tout en piste cyclable. Visite de la cathédrale avec un guide, qui raconte l'histoire de la cathédrale mais aussi de Lima et du Pérou. En fait, les restes de Pizarro (qui a vaincu les Incas) ont été retrouvés à la cathédrale. Visite guidée aussi du couvent San Francisco et de ses catacombes, mais photos interdites.


J117 - 23 octobre - Mala - 82 km (4183 km)

Visite en coup de vent à Barranca, un quartier touristique sur ma route et juste après Miraflores. Petit quartier sans immeuble construit autour d'un ravin qui descend vers la mer. Lima aurait pu mériter quelques jours de plus. Après ça, c'est reparti, retour sur la panaméricaine.


J118 - 24 octobre - San Vicente de Cañete - 59 km (4242 km)

Grosse route, temps couvert. Pas grand-chose à voir malgré les collines d’un côté de la route, la mer et les dunes de l’autre côté. Beaucoup de lotissements à peine construits ou cachés derrière des palissades tout du long.


J119 - 25 octobre - Pisco - 86 km (4328 km)

Campagne fertile pour rejoindre la panaméricaine depuis San Vicente. Ensuite, retour dans les dunes en suivant la mer de près. Finalement, les dunes s'éloignent, moins de relief, et il commence à y avoir un peu de végétation. Rencontré Anthony, un cycliste vénézuélien sur la route depuis trois ans et qui a visité tous les pays d'Amérique du Sud. Pisco porte le même nom que l'alcool national. L'hostal propose le Pisco Sour, un cocktail, l'occasion de goûter. Ça se boit tout seul, un deuxième ne serait peut-être pas raisonnable.


J120 - 26 octobre - Ica - 89 km (4417 km)

Départ en suivant la mer, en traversant une petite ville de pêcheurs, puis les dépôts de carburant (moins sympa). Ensuite, retour sur la panaméricaine, direction l'intérieur des terres avec du vent favorable. D'abord très désertique, puis de plus en plus cultivé. L'attraction touristique principale d'Ica est la lagune de Huacachina, un petit lac au milieu de dunes immenses. Paysage magnifique tout là-haut, un peu gâté par le boucan des buggys qui s'amusent dans le sable.


J121 - 27 octobre - Palpa - 99 km (4516 km)

Fin de la quatre voies confortable, seulement deux voies et accotement moyen. Après trente kilomètres cultivés, un café sandwich à la dernière buvette, et c'est parti pour cinquante kilomètres de plaine désertique. Joli malgré tout avec les montagnes au loin de chaque côté. Encore plus joli en rentrant dans les collines pour les traverser.


J122 - 28 octobre - Nazca - 62 km (4578 km)

Départ tranquille, l'étape est courte. C'est sans compter sur tous les endroits où s'arrêter (tours ou miradors sur des collines) pour voir les géoglyphes de Palpa, puis les lignes et les géoglyphes de Nazca. Ceux de Palpa sont un peu à l'écart (dont un grand détour dans les collines pour aller voir l’orque), mais la panaméricaine traverse carrément les lignes de Nazca et même coupe un lézard gigantesque en deux. Depuis le mirador principal, on ne voit que trois des géoglyphes de Nazca : les mains, l'arbre et le lézard. À force de traîner pour regarder tout ça, arrivée de nuit.


À la fin d'un grand détour dans les collines, en traversant un petit village, un bonhomme me fait signe pour discuter. Il m'explique qu'il y a une vieille église dans le village et qu'on peut la visiter. L'église date de 1740 et est complètement en ruine, mais l'endroit est incroyable. Il y a même encore des peintures et la cloche est toujours là.


J123 - 29 octobre - Nazca

Survol en petit avion (un Cesna) des géoglyphes. Six passagers dans l'avion, une fenêtre pour chacun. Le pilote tourne autour des géoglyphes afin que chacun puisse voir. Ça va vite quand même, photos au jugé, grand moment.


J123 - 29 octobre - Nazca

Visite du musée archéologique de Nazca et de la nécropole de Chauchilla à 25 kilomètres de la ville, dont sept kilomètres de piste. Dix-sept tombes ont été retrouvées avec les corps en place, tous regardant vers l'est. Impressionnant, et avec le musée, ça rappelle que ces gens ne faisaient pas que dessiner des lignes dans le désert.


J124 - 30 octobre - Nazca

Visite aux pyramides de Cahuachi, un centre cérémoniel des Nazca. Construit en adobe, il y a 1500 à 2000 ans, le site est très grand mais seulement trois des pyramides sont mises en valeur (sur une quarantaine). Le site est à 25 kilomètres de piste de la ville et c'est en buggy qu'on y va. En passant, un coup d'oeil au réseau d'irrigation construit par les Nazca et toujours utilisé.


J125 - 31 octobre - Nazca - 80 km (4658 km)

Faut départ. Après quarante kilomètres sans pouvoir passer sur le grand pignon (celui pour les grosses côtes), j'essaye de régler le dérailleur et je m'aperçois que le câble ne tient plus à grand-chose. Ce n'est pas le bon moment. Il n'y a pas de grande ville sur les prochains 600 kilomètres et les 200 derniers vont beaucoup monter. Si le câble lâche, ça va devenir problématique. Alors retour à Nazca pour faire réparer. Vent favorable pour le retour, 1h35 au lieu de 3h30 pour l'aller. Pas si simple pour faire réparer. Le magasin de vélo dans Google n'existe pas. Il y a un atelier (plutôt une cour avec des vélos et quelques outils) près du centre, mais il n'a pas de câble. Il faut que j'aille en chercher un dans un autre endroit à la sortie de la ville. Quand je reviens avec le câble, il me dit que non, il ne va pas le changer. Alors, retour à l'autre endroit (qui est à peine moins rustique) qui veut bien faire ça demain. À suivre. Beaucoup de monde dans les rues ce soir, ambiance Halloween, ça aurait été dommage de rater ça.


J126 - 1er novembre - Lomas - 52 km (4710 km)

Câble finalement changé ce matin. Le gars, moyennement sympa hier, a fait ça vite fait bien fait et me demande trois soles (75 centimes d'euros). Prêt pour repartir mais pas envie de refaire la même route, alors je trouve un taxi qui me dépose où je m'étais arrêté hier. Lomas est une toute petite ville construite sur une petite presque île, à l'écart de la panaméricaine. Panne d'électricité depuis plus d'une heure, "ça peut durer toute la nuit".


J127 - 2 novembre - Yauca - 46 km (4756 km)

Une fois n'est pas coutume, un selfie avec la dame de l'hostal, au milieu, qui m'a offert un bon petit déjeuner, et sa copine, toutes les deux trop mignonnes. Avec ma vitesse moyenne aujourd’hui (10 tout rond), je serai arrivé de nuit à la prochaine ville, alors ça sera pour demain. Yauca forme comme une oasis et sa spécialité, ce sont les oliviers. Il y a plein de stands le long de la route qui vendent des olives et de l'huile d'olive.


J128 - 3 novembre - Chala - 47 km (4803 km)

Route comme hier, un peu de dénivelé en plus, et la mer jamais très loin. Hôtel cheap (cheap genre pas de lunette sur les toilettes), mais la chambre surplombe la plage.


J129 - 4 novembre - Atico - 90 km (4893 km)

Départ à 5h20 pour essayer d'échapper au vent. Ça marche bien jusqu'à 10h et à 11h, c'est reparti mais j’ai déjà fait un bon morceau. La route suit la mer tout du long. Première partie, brume et route coincée entre les collines et les plages. Deuxième partie, côte de plus en plus découpée.


J130 - 5 novembre - Ocoña - 75 km (4968 km)

Départ à la fraîche comme hier. La route tournicote tout du long à flanc de ravin avec pas mal de dénivelé (plus de 1100 mètres). Trois villages traversés. Un des villages se trouve dans une oliveraie, comme Yauca il y a trois jours. Surprise à l'arrivée, Ocoña est dans une vallée couverte de rizières.


J131 - 6 novembre - Camaná - 57 km (5025 km)

Finies les côtes découpées. Au début, désert et collines. Ensuite, ça devient habité tout du long, avec une bande de terre cultivée entre la route et la mer. Beaucoup de monde à Camaná. Il y a un même atelier vélo, j'aurais peut-être pu essayer d'arriver jusque là.


J132 - 7 novembre - Camaná

Jour de repos avant la montée pour Arequipa. Rien à voir ici, journée occupée quand même. Coiffeur, cuissard chez une couturière pour recoudre le rembourrage (5 soles) et vélo à l'atelier pour nettoyage. La dame me dit de repasser dans une demi-heure. Quand je reviens une heure après, c'est elle qui s'y colle, après l'apprenti, pendant encore une bonne heure.


J133 - 8 novembre - El Pedregal - 78 km (5103 km)

Encore quelques kilomètres en suivant la côte et dernier aperçu sur le Pacifique (pas sûr de le revoir avant longtemps). Ensuite, cap vers l'intérieur des terres et 1000 mètres de dénivelé en une vingtaine de kilomètres. Après, ça continue à monter, mais plus doucement (1600 mètres de D+ à l'arrivée). El Pedregal paraît perdu sur la carte, mais il y a plein de monde et plein d'activité.


J134 - 9 novembre - El Triunfo - 53 km (5156 km)

Deux vallées traversées au milieu du désert. Moins de vent, une portion toute plate et deux bonnes montées. Pas d'hôtel sur iOverlander à El Triunfo mais il doit bien y en avoir une dizaine, la majorité sur la panaméricaine. Par contre, au bout du troisième sans eau chaude, je me résigne et ça sera douche froide.


J135 - 10 novembre - Arequipa - 52 km (5208 km)

Mille mètres de dénivelé pour commencer. Belle route, des collines désertes. Un peu de descente et remontée doucement jusqu'à l'arrivée. Pendant la grosse montée, un vieux pick-up s'est arrêté et le chauffeur m'a proposé de me remorquer. Arequipa est une destination touristique, quelques gringos dans les rues.


J136 - 11 novembre - Arequipa

Arequipa est célèbre pour son architecture en sillar, une pierre volcanique blanche. D'ailleurs, la ville est entourée de volcans (toujours pâlichons sur les photos) qui montent jusqu'à 6000 mètres. Visite du musée de la cathédrale, surtout l'occasion de monter sur les toits, et visite du musée Santuarios Andinos, centré sur les cérémonies de sacrifice qui avaient lieu sur les volcans. Malheureusement, pas le droit aux photos et la momie de Juanita (une jeune fille sacrifiée très bien conservée) est remplacée par un fac-simile. Mais la description des cérémonies et les objets présentés sont évocateurs.


J137 - 12 novembre - Arequipa

Couvent de Santa Catalina datant du XVIeme siècle. Immense, une petite ville dans la ville, avec des rues, des dizaines de cellules, presque autant de fours à bois, des cloîtres, des jardins. En fait, j'y ai passé plus de trois heures.


J138 - 13 novembre - Arequipa

Excursion à la lagune de Salinas à 4300 mètres. Super paysage, pas froid malgré la hauteur (et les recommandations de prendre des vêtements chauds). Pas grand-monde là-haut à part flamants roses, vigognes (sauvages), lamas et alpacas (pour la laine).


J139 - 14 novembre - Cañahuas - 76 km (5284 km)

Le genre d'étape, on se demande comment on va s'en sortir. 1900 mètres de dénivelé, point le plus haut à 4000 mètres. Surtout dur à cause de l'altitude. Dès que la pente dépasse 5%, je m'essouffle et j'essaye de monter le plus lentement possible. Deux points positifs, le vent est plutôt sympa, et la route bien cabossée au début, finit par devenir bien lisse. J'avais bien prévu que je risquais d'arriver de nuit (en fait, juste à la tombée du jour), mais je n'avais pas prévu que la température allait chuter autant en fin d'après-midi. Du coup, j'arrive complètement glacé et je passe un bon moment sous les quatre grosses couvertures avant de me remettre. Hostal bien rustique mais bienvenu dans les quelques maisons après un péage. Un lit dans un coin de la chambre, une table pliante dans un autre coin. 14º dans la chambre, 2º dehors dans la soirée.


J140 - 15 novembre - Cañahuas - 32 km (5316 km)

L'étape était plus courte et avec moins de dénivelé. Mais après une pause au bout de 300 mètres de montée, gros coup de mou. Ça continue à monter (on est à 4200 mètres), pas récupéré de la fatigue d'hier, sans parler d'un léger problème intestinal qui m'a vidé ... de mon énergie. Alors retour au point de départ où je retrouve ma chambre attitrée. Je chercherai un bus demain.


J141 - 16 novembre - Juliaca

À 7h, prêt au bord de la route pour arrêter les bus. Le premier qui passe me dit qu'il n'y a pas de place pour le vélo. J'insiste et demande combien pour le vélo. Ça me coûte le prix de deux places (50 soles, 12,5€ pour 200 km), mais j'embarque. J'ai regardé, en seize minutes, on arrive où je m'étais arrêté hier en presque deux heures. C’est bien le bus, mais un peu de regret de ne pas pouvoir profiter plus du paysage, quelques photos quand même derrière les vitres teintées. Pratique quand même pour photographier en ville.


J142 - 17 novembre - Cusco

Toute la journée en bus pour rejoindre Cusco. C'est bien ce que j'avais prévu, par contre, je n'avais pas pensé que ce serait aussi long (surtout l'arrivée dans les embouteillages). Juste le temps d'aller faire un tour sur la plaza de armas et d'aller voir la pierre aux douze angles dans une petite rue piétonne. Elle fait partie d'une ancienne muraille inca recyclée en soubassement du palais épiscopal. Aussi connue et aussi étrange que les lignes de Nazca.


J143 - 18 novembre - Cusco

City tour qui fait visiter cinq sites incas dans Cusco ou à quelques kilomètres. Le plus spectaculaire est bien sûr Sacsaywaman avec ses murs faits de blocs énormes qui s'assemblent parfaitement. On comprend pourquoi les esprits peuvent s'échauffer un peu en voyant ça. Bon guide qui connaît bien son sujet. Il explique par exemple que le site a servi de carrière et qu'il n'en reste que 30%.


J144 - 19 novembre - Cusco

Excursion à la montagne des sept couleurs à 140 kilomètres de Cusco dont 40 kilomètres de piste. Fin de la route à 4600 mètres et ensuite cinq kilomètres de chemin pour monter jusqu'à 5000 mètres. Beaucoup de monde là-haut, c'est devenu une attraction touristique depuis une quinzaine d'années, mais il faut le mériter. Arrivé au premier point de vue, il reste une grosse montée pour aller au point le plus haut. Je retrouve un monsieur du groupe qui a l'air bien décidé à monter. Quand il me dit qu'il a 75 ans, ça lève mes hésitations pour finir l'ascension. Comme à vélo, en allant doucement, ça passe, sinon c'est l'asphyxie. Le paysage récompense de l'effort, c'est magnifique. Les couleurs, les formes des montagnes, les sommets tout autour, les vallées de chaque côté, tout est beau. Redescente en sifflotant (presque). À noter le mystère du passager perdu. Un des passagers du minibus n'est pas revenu, le guide remonté le chercher, ne l'a pas trouvé. On ne l'a pas attendu.


J145 - 20 novembre - Cusco

Encore une journée d'excursion, cette fois dans la vallée sacrée. Plusieurs sites incas visités (Chinchero, Moray, Ollantaytambo et son temple du soleil inachevé, Pisac) et les salines de Maras. Beaucoup de kilomètres, beaucoup de monde mais aussi beaucoup d'histoire et des belles images.


J146 - 21 novembre - Cusco

Machu Pichu : check. Longue journée. Rendez-vous à 3h30, deux heures de bus jusqu'à Ollantaytambo, deux heures de train jusqu'à Machu Pichu Pueblo et enfin, une montée en lacets jusqu'au site. Pareil dans l'autre sens pour rentrer. Est-ce que ça vaut le coup ? Oui, bien sûr. A condition de faire le circuit panoramique pour surplomber le site et faire la photo classique, et de faire un circuit dans la citadelle. En fait, rien que le parcours en train, qui longe une rivière au fond d'une gorge vertigineuse, vaut la balade.


J147 - 22 novembre - Cusco

Fini avec les excursions, enfin un peu de temps pour traîner dans la ville. Images en vrac.


J149 - 24 novembre - Puno - 44 km (5360 km)

Hier, retour en bus à Juliaca, et aujourd'hui, petite étape pour rejoindre Puno, une petite ville assez touristique parce qu'elle donne l'accès au lac Titicaca. Pas d'excursion, mais visite de la cathédrale. On peut monter à l'une des tours. Une curiosité en haut de la tour : il n'y a aucune rambarde.


J150 - 25 novembre - Juli - 82 km (5442 km)

Étape en suivant le lac, mais pas beaucoup de points de vue en fait. Pas trop de dénivelé, vent pas trop antipathique, mais fatigue quand même à cause de l'altitude, tout le temps au-dessus de 3800 mètres. Visite de Willca Uta, un site archéologique et géologique sur la route. Géologique parce qu'il est constitué de rochers bizarrement découpés. Et archéologique, parce qu'un des pans de rocher a été taillé par les Incas. À l'hostal, après avoir fait couler l'eau en attendant qu'elle chauffe, je vais voir la dame. Elle m'explique qu'il ne faut pas se fier à la couleur des robinets et que c'est différent pour chaque chambre. C'était le robinet bleu, douche bien chaude. Dernière nuit au Pérou.


J151 - 26 novembre – Copacabana, Bolivie - 61 km (5503 km)

Plus souvent le long du lac Titicaca aujourd'hui. Route plus tranquille (ce n'est pas la route des camions vers la Bolivie), un peu plus de dénivelé qu'hier mais vent favorable pendant une partie du trajet. Passage de la frontière sans histoire et premiers pas en Bolivie. Copacabana est une toute petite ville assez touristique parce qu'elle donne accès à l'île du soleil (dont j'ai entendu parler la première fois à Quito par un chauffeur de taxi).


J152 - 27 novembre - Copacabana

À peine en Bolivie et déjà un jour off pour aller visiter la Isla del Sol. Deux heures de bateau pour aller au nord de l'île, onze kilomètres à pied pour rejoindre le débarcadère au sud et une heure et demi de bateau pour rentrer. Paysages magnifiques, vue à 360 sur le lac, qui donne enfin une idée de son étendue. Très très belle balade.


J153 - 28 novembre - Chilaya - 66 km (5569 km)

Quatre cents mètres de dénivelé pour commencer la journée et monter à 4200 mètres. Dans la descente, je croise Simon, un cyclo français, qui est parti de Mexico jusqu'à Panama, puis pris l'avion jusqu'à La Paz. Revenu au niveau du lac, il faut prendre un bac pour traverser le détroit de Tiquina, des barges avec des petits moteurs sur lesquelles passent aussi les bus et les camions. Beaucoup de vent de l'autre côté et temps menaçant (gros nuages et quelques éclairs), mais finalement pas de pluie.


J154 - 29 novembre - La Paz - 77 km (5646 km)

Début de journée encore le long du lac, ensuite dans une pampa de plus en plus habitée. Architecture brique brute dominante. Des chaînes de montagne enneigées pas très loin mais le temps est très couvert et on ne les voit pas très bien. D'ailleurs, la pluie commence en arrivant à La Paz et continue par intermittence jusqu'en début de soirée. La Paz est construite à flanc de collines et il faut descendre de 450 mètres pour arriver dans le centre-ville. Descente dans des rues à pic debout sur les freins.


La route jusque là.


J155 - 30 novembre - La Paz

Pas vraiment de centre, pas de grandes avenues, quelques places et des rues piétonnes envahies de petits marchands. Et des rues qui montent.


J156 - 1er décembre - La Paz

Hostal rue de Linares, entre le marché des sorcières (el Mercado de las Brujas) et le musée de la coca, peut-être la rue la plus touristique de La Paz. Visite du musée ethnographique avec une belle collection de masques.


J157 - 2 décembre - La Paz

Visite de la vallée de la lune à une dizaine de kilomètres de La Paz. C'est une zone d'érosion intense avec des formes extrêmement découpées. Aller en taxi, retour en téléphérique. Il y a tout un réseau de téléphériques avec des correspondances. D'ailleurs, je me suis trompé. Après la ligne verte, j'ai pris la ligne jaune au lieu de prendre la ligne bleue. Pas très grave, le ticket coûte trois bolivianos (moins de 40 centimes d'euro) et les points de vue sont spectaculaires.


J158 - 3 décembre - Oruro

230 kilomètres en bus. J'ai vu quelque part que cette section pouvait être faite en bus. Les raisons données étant le trafic, le peu d'intérêt et les chiens. Pas si pire en fait. Ça m'a quand même fait gagner deux jours et il reste de toute façon de quoi s'amuser.


J159 - 4 décembre - Pazña - 80 km (5726 km)

Début de journée difficile. Après quelques kilomètres, la route est en travaux et il n'y a plus de revêtement sur une quinzaine de kilomètres. Ça finit par s'arranger et le paysage devient intéressant. Des collines d'un côté, l'altiplano de l'autre, quelques bancs de sel, et un demi-village traversé. Hostal rustique trouvé sur iOverlander. Pas de nom, pas d'eau chaude, pas de wifi, pas de serviette et un lit bien dur mais avec des couvertures bien lourdes et bien épaisses.


J160 - 5 décembre - Sevaruyo - 92 km (5818 km)

Même paysage qu'hier, donc vraiment intéressant, et encore plus plat. Croisé Jose-Luis, un cycliste mexicain sur la route depuis cinq ans sur tous les continents, en passant du Japon à la Tanzanie, impressionnant. Il me dit avoir croisé un couple de cyclos français deux heures avant moi. Rues sans revêtement à Sevaruyo, et pour l'hébergement, j'ai encore baissé d'un cran en standing. Ça vaut toujours mieux que dormir sous la tente.


J161 - 6 décembre - Rio Mulato - 46 km (5864 km)

Comme l'étape est courte, je prends le temps de me balader dans un endroit appelé le jardin de pierres (d'après le panneau sur la route). Des roches très découpées avec des formes étranges et aucune trace de passage. Arrivé à l'étape, je trouve facilement le seul hébergement. Niveau standing, disons que je suis remonté d'un cran. Toujours pas de douche, cela dit. Une fois installé, balade à deux kilomètres pour aller voir une source thermale. Juste un petit trou d'eau qui fait des bulles, mais l'endroit est joli, hors de la route et des habitations.


En se baladant dans les rochers, on finit par y voir des formes. Un chat, un crocodile, un félin, un crâne, des bestioles diverses. Trop d'imagination, ou alors, c'est l'altitude.


J162 - 7 décembre - Colchani - 78 km (5942 km)

Surprise au réveil, j'entends marcher au-dessus de ma tête (ma chambre est sous les toits). En fait, des ouvriers sont en train de démonter le toit et je termine de remballer dans les coups de marteaux et les petits bouts de plâtre qui tombent dans la chambre. Même paysage qu'hier en début de journée. Après, ça devient un peu plus ondulé et après la grosse côte de la journée, on commence à apercevoir le salar. Le standing de la chambre continue à s'améliorer même si la douche chaude est en option (j'ai pris l'option). Murs en briques de sel, tout comme le lit et le banc.


Colchani est la porte du salar, pas étonnant d'y rencontrer des cyclistes. D'abord, Chris (https://chrisonabike.com/) et Raquel, anglais et équatorienne. Ils ne vont pas traverser le salar mais vont s'avancer un peu pour camper et passer la nuit. Seul problème, ils me confirment qu'on ne peut pas planter de piquets et ont pris deux grosses pierres pour essayer d'amarrer leur tente. Je rencontre ensuite Dominga et Belen, deux chiliennes qui, elles, viennent de traverser le salar. Ça se devine vite à l'état des vélos.


J163 - 8 décembre - Uyuni - 47 km (5989 km)

Non, je ne vais pas traverser le salar. Juste une dizaine de kilomètres jusqu'au monument des drapeaux, un point de rendez-vous pour les tours. Plusieurs petits groupes avec plein de Français. Demain, je ferai comme eux. Hébergé à la maison du cycliste d'Uyuni, rustique mais économique (et où j'ai pu rincer le vélo).


J164 - 9 décembre - Uyuni

Excursion au salar. Ça commence par une visite au cimetière des trains. Vaut le coup d'œil même si beaucoup de monde au début, perché partout, en train de se prendre mutuellement en photo. Ensuite, direction le salar. Je suis tombé sur l'option selfies, photos rigolotes, boutiques de souvenirs, statues et labyrinthe en blocs de sel, et recherche de l’effet miroir. On en oublierait presque la beauté des paysages. Ça m'a vraiment donné envie de faire la traversée, mais il faudrait que je fasse 400 kilomètres en bus pour rejoindre le point de départ.


J165 - 10 décembre - Atocha - 92 km (6081 km)

Début de journée tranquille. Belle route, vent favorable, pas gêné par le trafic. Paysage assez plat, de la pampa, quelques dunes. On passe par une grande vallée, des pâturages avec plein de lamas, très joli. Plus tard, ça commence à monter, 500 mètres de dénivelé et on arrive presque à 4000 mètres. À partir de là, le terrain devient très érodé, avec des canyons, des collines de toutes les nuances de rouge, ocre, gris. Très joli, un point de vue différent à chaque sortie de virage.


J166 - 11 décembre - Tupiza - 104 km (6185 km)

Grosse journée, heureusement que le vent m'a aidé. Je comptais dessus, il n’y a rien entre Atocha et Tupiza. Parti de 3700 mètres, ça monte plus ou moins doucement jusqu'à 4200 mètres, un peu de montagne russe à cette altitude, et enfin grosse descente jusqu'à 3100 mètres. Au final, 1400 mètres de dénivelé. Surprise après la grosse descente, la route passe dans une vallée bordée de falaises très découpées. Magnifique.


J167 - 12 décembre - Tupiza

Deux excursions pour découvrir les sites intéressants autour de Tupiza. Ce matin, à cheval (à cheval !), cet après-midi en 4x4. Tout très beau et bien perdu dans les collines. Dernière nuit en Bolivie.


J168 - 13 décembre - La Quiaca, Argentine - 92 km (6277 km)

Trente premiers kilomètres en suivant la rivière Tupiza et petit à petit, le relief devient moins exubérant. Ensuite, quinze kilomètres de montée pour passer de 2800 à 3400 mètres. Au milieu de la montée, au niveau d'une buvette (la seule sur le trajet d'ailleurs), j'entends " Manuel !" (Je m'appelle Manuel ici, bien plus simple). C'est Franklin, le guide de la balade d'hier. Étonnant et sympa de le retrouver comme ça. Fin de la journée, en ondulations autour de 4200 mètres, et contre le vent. Passage de la frontière sans problème, même pas de tampons, ni pour la sortie de Bolivie, ni pour l'entrée en Argentine.


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